Yadana Foster Home, qu'est-ce que c'est ?


C'est un orphelinat privé qui a ouvert ses portes en 2002 à Mingaladon, à 15 bornes de Yangon en Birmanie. Ayant vécu quelques années en Birmanie, ma mère allait souvent voir les orphelinats tenus par l’Etat et était confrontée à chaque fois avec beaucoup de tristesse, à de plus en plus d’enfants complètement abandonnés et négligés. Elle avait cette envie et l’urgence de les aider, de leur donner la possibilité d’avoir un toit à l’abri, une éducation et plus important encore une famille. C’est donc ainsi que naquit l’idée de monter "soi-même" un orphelinat.


Ce rêve devint réalité grâce à de nombreux acteurs ayant contribué pendant 3 ans à sa réalisation. Trouver des ressources financières, des terrains, des permissions à obtenir, des architectes, des ouvriers, du personnel qualifié, furent autant de défis rencontrés mais toujours relevés.


En Juin 2002, l’orphelinat accueilla 30 enfants âgés de 9 mois à 9 ans, garçons et filles mélangés, avec l’idée toujours de les aider à grandir dans les meilleurs conditions possibles.


Années après années la structure accueilla de plus en plus de bébés, enfants et adolescents. Certains couples birmans ont le désir d’adopter mais peu d’entre eux y parviennent à cause des lois restrictives sur l’adoption. Ainsi, la plupart des enfants restent à l’orphelinat jusqu’à leur 18 ans.

Dés leur majorité, ils ont la possibilité de quitter l’orphelinat pour vivre leur vie ou bien d’y rester encore quelques temps jusqu’à ce qu’ils trouvent un travail et un toit. Autant que possible, l’équipe accorde beaucoup d’importance et soutient les enfants dans leur démarche vers l’émancipation et leur vie post-orphelinat.


Etant une structure privée, celle-ci subsiste grâce à des dons provenant de partout dans le monde, et était majoritairement soutenue par une compagnie privée jusqu’en 2015. En parallèle à l’école, de nombreuses activités sont mises en place pour éveiller leur curiosité et ouvrir leur esprit. Des ordinateurs leurs ont été donnés dans le but de les familiariser avec l’informatique, des machines à coudre leurs ont été offerts pour apprendre à créer des vêtements ou des sacs en tissus, des matériaux en plastique sont achetés afin de fabriquer des paniers. Afin de leur assurer un petit pécule à leur majorité, chaque artisanat est voué à être vendu afin de constituer un plan épargne pour chaque enfant.


En 2015, la compagnie privée fit la passation de toute la gestion de l’orphelinat à une ONG birmane.


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Ce projet photo est né d’une furieuse envie de revenir sur les terres de mon enfance, en Birmanie, là où j’ai passé une partie de ma jeunesse, et ainsi réaliser un état des lieux presque 20 ans après. Curieuse de savoir ce qu’était devenu les enfants de l’orphelinat que mes parents avaient monté, cette série dresse le portrait d’une jeunesse orpheline que j’ai connu autrefois.


Pendant presque deux mois, plusieurs fois par semaine j’ai eu l’occasion de partager mes journées en leur compagnie dans l’espoir de créer un climat de confiance, me faire accepter et ainsi apprendre à les connaître. Pour des raisons qui m’échappent encore, l’institution ne m’a pas donné l’autorisation de poursuivre mon projet. Cette série est donc une ébauche de ce travail que j’ai dû interrompre avec regret.

Copyright ©Clara Viallard 2019
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